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Les Louches

Origine de la Fête

A Comines, chaque année le second dimanche d'octobre, des louches en bois sont jetées du haut de l'hôtel de ville. Cette fête est l'écho d'une très ancienne légende locale.

On raconte en effet qu'un seigneur fut emprisonné dans une haute tour de son château. Sa famille le recherchait en vain. Il eut alors l'idée de jeter sa cuiller frappée des armes de la famille depuis son cachot. Le siège fut mis devant la tour et le prisonnier fut délivré. Pour commémorer cet événement, Comines a gardé l'usage de jeter des louches à l'occasion du franc-marché suivant la fête de Saint-Denis.

D'autres interprétations historiques précisent que cette coutume date de Jean Ier de la Clyte. Prisonnier des Anglais à l'issue de la bataille d'Azincourt en 1415, il fut délivré moyennant une forte rançon payée par les citoyens de Comines. Pour les remercier, son fils Jean II demanda et obtint en 1456 de Philippe le Bon le privilège de commercer librement le jour de Saint-Denis, date de la Franche-Foire. Quant au jet des louches, il aurait eu une origine commerciale : pour ouvrir la Franche Foire, les camelots lançaient quelques poignées de cuillers, espérant attirer les badauds.

La tradition du jet de louches est donc un fait inscrit de longue date qui avait lieu par intermittence. Mais ce n’est qu’en 1884 qu’est créé le comité de la Fête des Louches.

Déroulement

La Fête est marquée par 3 jours de festivités chaque deuxième weekend d’octobre. Le dimanche la fête des Louches est à son apogée avec un imposant cortège en tableaux illustrant les légendes et l’histoire de la ville accompagné du défilé des géants ; puis s’abat une pluie de louches en bois sur la foule au pied de l’hôtel de ville et de son beffroi qui rappelle les traditionnels jets d’objets depuis les hôtels de ville et les beffrois de nombreuses villes de la région.

Enfin le lundi, un franc-marché commémore la franche foire médiévale qui avait été instaurée en 1456 par Philippe Le Bon

Le costume de la Confrérie de la Franche Louche

La Confrérie de la Franche Louche a pour mission de perpétuer la tradition cominoise.

Les membres arbore le costume médiéval : inspiré du XVème siècle, il reprend les armoiries de la Clyte (les couleurs rouge et or, le chevron, les coquilles St Jacques du collier) et le blason de Comines sur la manche gauche.

L'emblème de la confrérie figurant sur la bannière et sur le médaillon des dignitaires est le phénix sur bûcher des louches symbolisant la perpétuelle renaissance d'une fête traditionnelle plus de cinq fois séculaire.

La bannière

En général portée par le héraut à cheval, elle reprend, sur fond de croix de Saint André des ducs de Bourgogne, le blason de la famille de la Clyte, les armoiries de Comines (clefs et quintefeuilles), de la châtellenie de Lille (fleur de Lys), du royaume de France (fleurs de Lys) puis le château aujourd'hui disparu, et enfin les armoiries de la Flandre(le lion), de la châtellenie d'Ypres (Croix) et du Ferrain (botte de blé).

Pour aller plus loin...

Visitez le site officiel de la fête des Louches : www.fete-des-louches.com

La Rubanerie

Comines a été vouée au textile dès ses origines ; jusqu’au XIVème siècle, l'industrie drapière y est très développée. En 1456, une franche foire est accordée par le Duc Philippe le Bon pour relancer la draperie, en crise, et encourager les habitants de Comines qui ont subi plusieurs incendies désastreux.

Jusqu’au XIVème siècle, l'industrie drapière est très développée. Mais les guerres aux XVIe et XVIIème siècles entre le royaume de France et l'Espagne dominant alors les Pays-Bas, ont ruiné cette région. A l'origine du retour à la prospérité de la cité, on découvre un homme : Philippe Hovyn, marchand de lin d'Ypres, originaire de Menin, qui crée la première manufacture de Rubans à Comines en 1719. A cause des barrières douanières qui pénalisaient les manufacturiers flamands, ce marchand transporta à cette époque toute son activité en France.

Avant la Révolution, la fabrication de rubans s'apparentait encore en partie à de l’artisanat à domicile. Des paysans-tisserands possédaient un métier sur lequel toute la famille s'activait dont les enfants surnommés les « Marmousets ». Le XIXème siècle voit l’arrivée des premières usines. A partir de 1870, avec l'avènement des machines à vapeur, les manufactures prennent le relais des métiers à la main qui ne produisaient en moyenne que 3,5 mètres à l’heure. Les nouvelles machines sont forcément beaucoup plus productives. En 1900, la commune compte 3500 métiers qui produisent 400 millions de mètres de ruban. Comines s'impose comme la capitale mondiale du ruban utilitaire. L'activité connaît une période florissante jusque 1914.

Durant la guerre, les usines sont pillées par l'occupant ou détruites par les combats. Après guerre, la rubanerie est relancée avec des métiers allemands et grâce aux subventions allouées suite aux dommages de guerre. Mais un certain nombre d’usines ne seront pas reconstruites ou changeront de localisation dans la Vallée de la Lys. La relance sera difficile.

A partir des années 1970, le métier connaît une crise durable, due évidemment à la concurrence internationale. Entre temps, la révolution électronique a bouleversé l'activité : les usines sont désormais équipées de métiers à aiguilles électroniques qui remplacent les anciens métiers à navettes. On est passé de 150 à 2500 coups minute, cadence qui permet de produire beaucoup plus vite. En 1970, il subsistait à Comines 35 ateliers traditionnels qui se sont écroulés. Aujourd’hui une dizaine de rubaneries sont encore en activité à Comines France et une seule à Comines Belgique. Désormais 250 métiers produisent six cents millions de mètres de ruban par an (rubans très spécialisés : harnais en tous genres, ceintures dont les ceintures de sécurité et même rubans de médailles olympiques !).

Les géants de Comines

P'TITE CHORCHIRE est un ouvrier rubanier.
Il porte le surnom d'un fraudeur dont la barque s'appelait la petite sorcière.

GRANDE GUEULOUTE est l'épouse de P'TITE CHORCHIRE.
Elle est particulièrement connue pour son verbe haut.

BURCHARD, seigneur de Comines ayant participé à la 1ère croisade(1099)

MESSIRE DE COMINES, qui évoque la Confrérie de la France Louche dont il porte le costume rouge et or aux couleurs de la famille de la Clyte dont est issu Philippe de Comines.

ALYS est une géante portée de 3m50 représentant une drapière du XIIIe siècle.

JEAN II DE LA CLYTE et son épouse JEANNE D’ESTOUTEVILLE sont les 2 derniers géants baptisés en 2017 lors de la Fête des Louches.

Leur histoire

P’tite Chorchire et Grande Gueuloute sont intimement liés à la Fête Historique des Louches et sont propriété du comité organisateur de la fête. Leur première apparition remonte vers les années 1890, lorsque le comité de la Fête des Louches et des Fêtes du quartier du Château eut l’idée de doter Comines de géants.

Les premiers géants étaient des géants portés à carcasse en osier et, il ne s’agissait pas de personnages légendaires ou historiques comme le sont souvent les géants des Flandres mais de deux figures locales de l’époque. Comines étant ville frontalière entre la France et la Belgique, avec la Lys comme frontière naturelle, il y existait une intense activité de fraude avec passage en barque. Chez le couple de géants, le mari est un rubanier qui s’adonnait à la fraude et dont la barque s’appelait précisement la « petite sorcière ». Pour son épouse qui avait le verbe haut, le nom était tout désigné : « Grande Gueuloute ».

Détruits au cours de la guerre 14-18, ils refont leur apparition en 1923. En 1963, les carcasses d’osier étant fatiguées, elles furent brûlées en feu de joie et, le lendemain, les géants réapparaissaient dans de nouvelles carcasses métalliques et dans des costumes flambants neufs. La taille des géants ayant été modifiée, il fallut prévoir de nouvelles têtes et celles ci furent réalisées sur le modèle de celles des géants de La Panne (ville flamande du littoral belge). Ces têtes assez austères qui ne devaient être que provisoires furent utilisées jusqu’en 1986. En 1987 de nouvelles têtes en résine furent réalisées par un membre de la confrérie de la Franche Louche. Les anciennes têtes sont visibles dans le local des Amis de comines.

Par rapport aux géants initiaux, les géants actuels ont gardé leur nom mais ont changé de physionomie. P’tite Chorchire avec son sarrau bleu et sa casquette symbolise le bleu vint c’est à dire l’ouvrier rubanier, évoquant ainsi la principale activité industrielle locale : la rubanerie. En 1984, en prévision de son centenaire, le Comité de la Fête des Louches mit en chantier un nouveau géant « Burchard de Comines » personnage historique en costume de croisé de 1099, saluant de l’épée ses confrères venus des alentours.

En 1987, « Messire de Comines » est baptisé. Il porte dignement le costume des membres de la Confrérie, aux couleurs de la famille de la Clyte, famille seigneuriale de Comines à laquelle appartenait Philippe de Comines. Le géant brandit la louche, symbole vivant des réjouissances.

Sources : Livret de la confrérie de la Franche Louche Article André Schoonheere.

 

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